NetGuardians crée des outils pour lutter contre la fraude bancaire

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NetGuardians crée des outils pour lutter contre la fraude bancaire

30 octobre 2017, par Jean-Marc Corset


Les entreprises à l'ère numérique. L’éditeur de logiciels basé à Y-Parc s’est fait un nom en Afrique et en Asie. Mais sa croissance future le verra aussi franchir la Sarine.


La réputation du secret bancaire et du coffre fort helvétique suffisait, par le passé, à rassurer la clientèle des banques suisses en matière de sécurité de leurs comptes. La numérisation et la gestion mobile des opérations bancaires nécessitent une nouvelle approche en matière de sécurité. Jeune société née à Y-Parc, à Yverdon, NetGuardians fournit des instruments logiciels permettant de contrôler les risques opérationnels des banques et les fraudes internes et externes.

Fondé en 2007, cet éditeur de logiciels de sécurité pour l’industrie de la banque était la première société issue de l’incubateur d’innovation de la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD) à Yverdon-les-Bains. Elle est aujourd’hui une des sociétés phares du pôle fintech romand, entre Genève et le nord-vaudois, qui développent de nouvelles technologies pour les services financiers et la cybersécurité.

 Image: Christian Brun

Image: Christian Brun

Pays où sévit la fraude

NetGuardians a vendu ses premières solutions à des établissements bancaires de la région, à commencer par la banque Piguet Galland, puis Reyl, Gonet et Swissquote. Mais rapidement, elle a trouvé une clientèle internationale, notamment dans des pays où il y avait une forte demande dans la surveillance des risques opérationnels et des fraudes. «On a trouvé notre voie il y a 5 ou 6 ans, remarque Joël Winteregg, CEO et co-fondateur. On s’est très vite internationalisé. Notre premier client à l’étranger, en 2011, était en Arabie Saoudite. Puis, on a beaucoup voyagé car la fraude bancaire était un thème peu d’actualité en Europe et les besoins se situaient surtout dans les pays émergents». Mais depuis lors, le thème de la cybercriminalité a pris les devants également en Suisse et en Europe, où la société a maintenant de nombreux projets.

«Actuellement, il s’agit d’une des principales craintes des banques, remarque le CEO. Mais c’est plus une question de réputation et de confiance de la clientèle que de coûts liés à de tels délits». Même les établissements suisses alémaniques commencent à ouvrir leurs portes aux technologies de la société vaudoise. Celle-ci se distingue en développant des solutions novatrices basées sur «des méthodes d’analyse comportementale intelligente» pour «identifier les activités anormales et lutter contre la fraude en temps réels». Ses logiciels sont capables de repérer les virus, les anomalies et les divers actes de malveillance à l’aide du Big Data et de la «machine learning».
 

L’éditeur de logiciels bancaires crée ce qu’il appelle des «sets de contrôles», qui fonctionne un peu à la manière des machines à café, note le CEO de NetGuardians. Chaque établissement financier fait son choix selon ses besoins pour des sets opérés dans un système capable de traiter de gros volumes de données. Ainsi, pour exemple, l’un de ses clients type, la Banque cantonale neuchâteloise (BCN) était à la recherche d’une solution antifraude pour surveiller ses transactions de paiements et détecter les fraudes immédiatement. En mars dernier, elle a implémenté un service de Swisscom dans son système, comme projet pilote, basée sur la technologie de la startup vaudoise qui inclut «l’analyse du comportement et le profiling des clients, afin de prévenir les fraudes de manière proactive».


Puissant outil

Les solutions antifraudes traditionnelles identifient généralement une liste d’actions fautives visant à repérer une contrepartie financière suspicieuse, relève la BCN. «Cette approche présente de nombreux défauts, écrit-elle. Elle encourage notamment les banques à se lancer dans une course-poursuite interminable et coûteuse». Car les fraudeurs ont toujours un coup d’avance, alors que les fausses alertes se multiplient. Fraud Prevention Service (FPS) permet à la banque de surveiller en direct chaque transaction selon le comportement individuel du client et toutes les variables financières de l’opération (devises, pays de destination, etc.). Ce puissant outil - qui analyse des données personnelles gérées par la banque uniquement - permet d’écarter nombre de fausses alertes selon la BCN, qui rappelle qu’un «malware ciblant les banques suisses il y a 4 ans crée encore 90 victimes par jour». Elle va introduire le service FPS en janvier prochain.

Aujourd’hui, NetGuardians, qui a son siège à Yverdon, a des bureaux à Nairobi (capitale du Kenya), Singapour - où l’autre fondateur, Raffael Maio, est en train de s’installer - et Varsovie. Ses marchés sont en Asie/Pacifique, Afrique, Moyen-Orient et en Europe. L’entreprise emploie 57 personnes, dont une trentaine à Y-Parc, cœur névralgique de la direction et de la recherche et développement. Une équipe de dix ingénieurs R&D est basée elle en Pologne.


Entrée en Bourse?

Mais la petite multinationale, qui a levé jusqu’ici 14,5 millions de francs pour financer son développement, est en forte croissance. Ses revenus doublent d’année en année tout comme l’ effectif. NetGuardians recherche ainsi des locaux plus grands dans la région. En 2016, l’entreprise comptait 25 personnes. Or, 2018 et 2019 devraient être semblable à 2017 affirme Joël Winteregg qui n’écarte ni la possibilité d’une entrée en Bourse de sa société ni une vente à un groupe mondial.

«Aujourd’hui, dit-il, nous nous concentrons sur la banque car il y a un énorme marché. Les besoins pour prévenir la cybercriminalité sont très importants, car les établissements bancaires sont les premiers attaqués». NetGuardians, qui compte actuellement près de 50 banques clientes, de taille petite et moyenne, vise aussi les plus grands de la branche. (24 heures)

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